15/01/2009 - 22/02/2009

 

A topography of Junk
Galerie Tinbox, Bordeaux

» L’idée de folklore planétaire doit être maintenant plus explicite : à une civilisation mondiale doit correspondre un langage plastique mondial, simple, beau et acceptable par tous.” Victor Vasarely

La galerie Tinbox a le plaisir, pour entamer cette nouvelle année, d’inviter l’artiste Franco-Hongroise Anna Toth pour une exposition personnelle tout en couleur et aux contours joyeux. Topography of junk, rassemble des œuvres produites par la galerie et des œuvres réalisées pour le Millenàris, Centre d’art contemporain de Budapest,à l’occasion de l’exposition a Wonderful world présentée de juillet à octobre 2008. Cette exposition monumentale a conféré une dimension internationale à son travail, et lui a permis de retrouver son pays d’origine, la Hongrie, dont elle a fuit le régime communiste dans les années 1980, pour s’installer en France. De cette période marquante, Anna Toth retient l’économie de moyens comme une façon de vivre et d’être au quotidien.

À partir de déchets industriels et domestiques recouverts de plastiques autocollants, Anna Toth réalise des sculptures et des environnements colorés attractifs, qui sont des prélèvements de réalités détournés et reconstruits. L’univers créé pour la galerie Tinbox est une réalisation in situ sur la galerie mobile qui devient elle-même une sculpture environnementale, recouverte de plastiques colorés. La boîte fait oeuvre tout en restant un espace de monstration en un jeu de mise en abîme. À l’intérieur de la galerie mobile, Anna Toth présente une installation sonore electro minimaliste réalisée par Nicky Mix. Cette pièce musicale est in process et fonctionne de manière interactive et collective. Le spectateur est invité à la faire évoluer en rajoutant des sons qui sont enregistrés à l’aide d’un micro installé dans la boîte. Autour de la boite sont exposés des mobiles colorés.

Anna Toth est une éco-artiste, elle utilise le recyclage comme un processus de création qui interroge notre rapport à la surconsommation. « Sur les images satellites de la Terre se dessine une topographie mouvante et poétique des déchets qui la recouvre ». Pour Anna Toth, les décharges transforment les paysages et les envahissent de manière inquiétante sur certaines parties du globe. Ces paysages de déchets, débordants et en perpétuelle croissance, sont des sources de création pour l’artiste qui tente d’enfermer ces détritus de manière hermétique. Anna Toth, dans une quête utopique, cherche à figer cette prolifération, à la réduire et à la faire disparaître en la magnifiant. C’est à partir des déchets que l’oeuvre trouve sa forme. Le plastique coloré, brillant, et attirant enferme tous les rebuts de notre société, les matières non recyclables que l’on peine à escamoter. Anna Toth travaille sur les structures visuelles du regard et s’amuse des illusions optiques par l’utilisation de couleurs, de formes géométriques et de juxtapositions de bandes. Son oeuvre est un spectacle sensorial chromatique et mouvant qui trouve sans doute son inspiration chez Vasarely peintre d’origine hongroise, le maître de l’Op art et auteur du “folklore planétaire”. Elle piège le réel et le regard et nous rappelle que tout ce qui est beau n’est pas bon. What a wonderful world !




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