21/05/2010 - 10/07/2010

 

21 mai – 10 juillet 2010

Tuomo Manninen
Car Show 2, 2010
60 x 90 cm, d-print
Courtesy of the artist and Analix Forever, Geneva
Cars & Bikes

Après la beauté des hommes (Handsome, 2006) et leur travail (Working Men, 2008), la galerie Analix Forever s’intéresse à une autre activité éminemment masculine : le transport, la vitesse, les véhicules, et en particulier, les voitures et les motos, ces objets puissamment esthétisés, sexués, intégrés dans notre histoire, dans nos rêves et dans notre monde.

Ejecté de l’utérus, son véhicule premier, ce moyen de transport primitif dans lequel il aura appris le balancement, l’intériorité, la chaleur, le déplacement protégé et sans effort, l’enfant puis l’homme ne va rêver que d’une chose : retrouver un moyen de transport à peu près équivalent. Il va dès lors construire des carrosseries plus belles, plus solides, plus résistantes, plus légères même que celle des femmes : voyez ces courbes, ce brillant, caressez ces carrosseries… Voyez les voitures enfouies sous la neige de Tuomo Manninen, Car Show 2, ces seins allusifs et si doux, dont les mamelons pointent parfois allégrement hors de leur laiteux environnement…

Voyez le camion aux ailes d’ange de Robert Montgomery, Angel, en veille devant la galerie le temps du vernissage. Sans oublier le moteur : le moteur c’est la vie même. La curiosité de l’homme pour le fonctionnement du moteur de la vie est sans fin, telles les explorations de Patrick Weidmann, agrandissant à l’infini des parties de ces moteurs comme pour essayer d’en percer le secret. Ni la voiture accidentée de Thomas Lindvig – car le crash fait partie inhérente du plaisir automobile.

Pour Luc Mattenberger, le moteur est passion ardente, passion absolue, culte immodéré de tout ce qui possède moteur. Il en aime le bruit, l’odeur, la forme, la fonction et ses dévoiements. Son Excavatrice bicylindre quatre temps ne semble attendre, pour repartir, que son maître ou sa maîtresse.

La moto et ses équivalents ont un immense avantage sur la voiture : ils sont bisexués. La moto conjugue la dynamique du phallus aux tendres courbes des hanches féminines. Elle est puissamment aérodynamique – elle vole, d’ailleurs, comme la Ducati Desmosedici de papier de Andrea Mastrovito, laissant derrière elle une trace sensible comme une voie lactée incandescente et rouge. Elle bénéficie de multiples prolongements phalliques, tels ses pots d’échappement, et sait bondir et vrombir tel un guerrier ou son cheval, mais elle a aussi un moteur visible, intégré, accessible, dans lequel on peut farfouiller à tout moment des yeux et de la main, ce à quoi nous invite celle de Xavier Veilhan…

La moto éveille une nostalgie de la fusion à nulle autre pareille. Fusion exprimée dans la vidéo de Elisabetta Benassi, Time Code : la femme conduit, l’homme suit, fusion aussi entre Pasolini et Benassi, fusion du temps et des cultures, des mots et des images, des sexes et des générations ; fusion encore entre le chevalier mythique, le chevalier noir, aussi métallique que profondément sensible, et l’animal – entre la vie et la mort enfin, comme dans la vidéo de Shaun Gladwell, Apologies 1 – 6, une fusion existentielle que la voiture jamais ne saura représenter.

Cars & Bikes se veut un modeste hommage à la beauté machinique dans laquelle se reflètent constamment nos vies et nos rêves d’au-delà.

Avec des oeuvres de :
Elisabetta Benassi (Italie)
Shaun Gladwell (Australie)
Thomas Lindvig (Danemark)
Tuomo Manninen (Finlande)
Andrea Mastrovito (Italie)
Luc Mattenberger (Suisse)
Robert Montgomery (UK)
Xavier Veilhan (France)
Patrick Weidmann (Suisse)

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du programme OFF des 50 JPG. Exposition réalisée avec le soutien de VideoSystems, Genève.




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