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09/11/2017 - 10/11/2017

 Le colloque international « Les écologies du numérique » est organisé par l’École Supérieure d’Art et de Design d’Orléans. Il constitue l’événement inaugural des activités de l’Unité de Recherche ÉCOLAB (labellisée par le Ministère de la Culture et de la Communication) spécialisée dans l’étude et l’expérimentation des questions écologiques et numériques dans le domaine du design.

 

PRÉSENTATION

Il repose sur l’idée que l’écologie est irréductible à l’étude et à la protection de la nature, et qu’elle doit par conséquent se comprendre au sens large comme une approche relationnelle, dynamique et complexe pouvant s’appliquer aux milieux artificiels et en particulier au milieu numérique devenu aujourd’hui le milieu associé de nos existences.

Dans ce colloque, il sera non seulement question de ce que le numérique fait au design mais surtout de ce que le design peut faire du numérique et au numérique pour qu’il puisse être moins destructeur pour la nature comme pour l’esprit, pour les choses comme pour les milieux sans lesquels il n’y a pas de création possible ni d’existence digne et vertueuse pour le collectif humain.

Pour initier cette première réflexion sur les « écologies du numérique » dans le domaine du design, plusieurs axes sont proposés sans qu’ils ne soient considérés comme isolés les uns des autres puisqu’ils sont corrélés dans les faits et doivent être pensés en synergie. C’est la compréhension de l’effet de leur interaction qui est finalement visé, mais leur distinction permet de montrer que chaque axe définit un écosystème spécifique qui mérite une étude particulière par la complexité qu’il révèle déjà. Chaque axe présente donc une série de thématiques que le colloque pourra investir et interroger par la voie conceptuelle et par la voie pratique de la création en design.

 

AXES

1) ÉCOLOGIE MATÉRIELLE : RESSOURCES, RISQUES ET ALTERNATIVES
L’écologie matérielle concerne plusieurs aspects propres aux pratiques de design, qu’elles soient des pratiques de design produit ou des pratiques de design graphique. Elle met en relation l’exploitation des ressources, la dépense d’énergie, le stockage et les déchets produits par l’ensemble du cycle de vie des produits comme des flux de données. La perception du risque écologique a transformé les méthodes de conception et de production, tout comme elle implique une nouvelle manière d’interroger les usages en incitant à élaborer des alternatives ; elle appelle aussi une interrogation sur les modes de représentation du risque pour le designer et pour l’usager.
- produits : extraction et transformation des ressources (terres rares, métaux précieux, plastiques) ; énergie d’alimentation et de stockage pour l’utilisation ; stockage des données ; traitement et élimination des déchets.
- infrastructures : réseaux électriques, optiques, hertziens et satellitaires pour le transport d’énergie et de données ; data centers et climatisation
- méthodes : écoconception ; écomatériaux ; recyclage ; économie circulaire ; Technologies Numériques de l’Information et de la Communication « vertes »

2) ÉCOLOGIE PSYCHIQUE : CAPTURE DE L’ESPRIT ET DESIGN DU SAVOIR
L’écologie psychique concerne l’effet du numérique sur les esprits humains, lequel transforme la perception, l’apprentissage, l’attention, la connaissance, mais aussi l’identité et la présence, donc l’ensemble de la personnalité des individus comme des groupes. Le design graphique est particulièrement impliqué dans ses problématiques par la conception des interfaces, par le design d’information et la visualisation de données, par les usages interactifs et transmédiaux des interfaces, par les nouveaux modes éditoriaux.
- perception : interaction entre numérique et sensibilité (synaptogenèse et organogenèse) ; perception instrumentée ; perception augmentée (VR)
- apprentissage : image et langage ; simulation ; supports interactifs d’apprentissage ; serious games
- attention : attention profonde et hyperstimulation affective ; économie vs écologie de l’attention ; exploitation du désir (playbor)
- connaissance : signal, information, connaissance ; design informationnel ; lecture analogique vs lecture numérique ; machines à lire, à traduire, à interpréter ; automates algorithmiques ; hypertextualité ; hypericonicité ; participation ; connaissance contributive (wiki)
- identité : traçabilité des comportements off line et on line ; externalisation de l’identité (identité déclarée, agissante et calculée) ; identités multiples (avatars, hétéronymat, vol d’identité)
- présence : mobilité et présence ubiquitaire

3) ÉCOLOGIE SOCIALE : TRANSFORMATIONS DE L’IDENTITÉ ET DES ÉCHANGES
L’écologie sociale concerne la transformation des relations interindividuelles et les nouveaux modes d’insertion, de référencement, d’appartenance, d’amitié et d’échange engendrés par la nouvelle socialité numérique. Il est autant question des nouvelles formes de rencontre, d’alliance, d’appariement, de dialogue, de collaboration que des nouvelles formes de contrôle, de dissociation, d’affrontement, d’exclusion et d’isolement ou encore des nouvelles formes de travail et d’économie.
- performance sociale et réseaux sociaux numériques
- marketing des communautés (community management)
- participation et création collective
- économie de l’attention et contrôle des communautés
- travail du consommateur ; free labor
- économies alternatives : économie circulaire ; économie de la fonctionnalité ; économie conviviale ; économie contributive ; économie du don et du troc

4) ÉCOLOGIE POLITIQUE : NOUVELLES FORMES D’EXPLOITATION ET DE LUTTE
L’écologie politique examine les nouvelles formes d’exploitation et de lutte issues de la réticulation numérique des savoirs et des motivations permises par le web et les réseaux sociaux. Plus précisément, elle concerne autant la réactivation des utopies socialistes et communautaires historiques que les nouvelles formes de transfert de la production et de la responsabilité aux consommateurs, ou encore les enjeux temporels et spatiaux des luttes entre off line et on line.
- mondialisation des théories critiques (post-colonial, post-féministe, post-partisan)
- nouveaux militantismes
- réappropriation des données personnelles (Louise Merzeau)
- contrôle (Yann Moulier-Boutang)
- travail gratuit
- gouvernementalité algorithmique (Rouvroy)
- démocratie et Internet (Cardon)
- éthique : biocentrisme, écocentrisme, déontologie

 
COMITÉ SCIENTIFIQUE

Jacqueline Febvre (Directrice de l’ÉSAD Orléans), Ludovic Duhem (Philosophe, Responsable de la recherche – ÉSAD Orléans), Emmanuel Cyriaque (Éditeur, Coordinateur DVG – ÉSAD Orléans), Gunther Ludwig (Historien de l’art, ÉSAD Orléans), Caroline Kassimo-Zahnd (Designer multimedia, ÉSAD Orléans), Franck Cormerais (Université de Bordeaux-Montaigne III), Fabrice Flipo (Institut Mines-Telecom)

 

Colloque internationl « Les écologies du numérique »
9 – 10 novembre 2017
Hôtel Dupanloup, Le Studium
Le Studium Loire Valley Institute for Advanced Studies
1, rue Dupanloup 45000 Orléans – FRANCE
Plus d’informations sur : ecolab-esad-orleans.wixsite.com




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