05/07/2018 - 22/09/2018

La Galerie Laure Roynette fait partie des rares galeries ouvertes à Paris tout l’été. Elle présente du 5 juillet au 22 septembre une exposition collective intitulée Utopia Botanica.

Dans les civilisations du monde entier, les plantes ont toujours inspiré les artistes. Sources de plaisir visuel, d’agrément, de soin, porteuses de symboles, elles conservent néanmoins encore nombre de leurs mystères. Selon les époques et les lieux, elles véhiculent des histoires, des légendes, sont utilisées dans la pharmacie, l’artisanat et maintes industries. Les végétaux sont aussi témoins de l’évolution de la société et élaborent leur propre résilience. On peut les imaginer comme suscitant l’envie d’un retour à un paradis terrestre, un espace de rêve où la nature redevient source d’énergie et d’émerveillement.

Utopia Botanica invite à explorer le végétal à travers les univers d’artistes qui s’en préoccupent. Leurs oeuvres interrogent le besoin d’un contact à la nature, l’utopie de recréer son paradis, de pouvoir voyager chez soi.

De ses différents voyages, Émilie Bazus a développé une peinture figurative au cadrage resserré, de la figuration vers l’abstraction, une atmosphère mystérieuse. Elle introduit un appel vers l’exotisme, la découverte d’une forêt vierge, le désir d’accéder à cette nature « encore sauvage ».

Karine Bonneval, en résidence artistique jusqu’à fin juin en prémices d’une exposition au musée botanique de Berlin, interroge les manières dont l’homme s’approprie le vivant. Deux photographies font rêver à une métamorphose de l’homme en plante. Elles révèlent le végétal comme vecteur de souvenir et guident le visiteur vers l’exposition. Puis la nature rentre à l’intérieur, comme d’étranges plantes, venues de contrées lointaines. Ses sculptures rappellent les terrariums de salon qui abritent des plantes. Elles attirent par leur aspect baroque et exotique et nous font voyager à travers les époques.

Zoé Rumeau utilise toutes sortes de matières pour leur aspect palpable. Ses œuvres empruntent aux mythes et rappellent des chimères, un univers onirique dont un magnifique dragon est actuellement visible dans l’exposition « Le Beau, la Belle et la Bête » au Château du Rivau. Son herbier présente des végétaux dotés de bienfaits et pouvoirs, aux récits transmis de génération en génération. Deux sculptures cactus convoquent des images de contes de fées, des mondes où la nature se métamorphose. Ces plantes invitent au toucher, cette sensation amène à restaurer un lien sensible entre l’homme et la nature.

Les artistes travaillent ainsi à la manière d’herboristes, de botanistes, cueilleurs, ils réparent et dévoilent les structures des plantes, leurs états à différents moments des saisons. Cette année présente au Salon de Montrouge, Julia Gault s’intéresse aux situations instables dans le paysage, aux moments où tout peut basculer. Sa série «Tentative de confronter une feuille format A4 à une feuille à la forme naturelle » présente une forme de contradiction, une opposition et une combinaison de deux rapports au végétal. Ces feuilles dévoilent la structure interne de la plante ; elles suggèrent sa force et sa fragilité.

Chez Pauline Bazignan, la plante symbolise le temps, renvoie à l’univers, au cosmos. D’un geste pictural fluide, elle fait surgir des lignes concentriques, la croissance d’une émotion, d’une force. Ses peintures suggèrent la fragilité du végétal et au-delà, transportent vers l’infini. Son travail a été présenté à la villa Datris en 2017, et à l’église des Trinitaires à Metz en 2018. 

François Génot porte son attention à la nature sauvage du quotidien, aux « presque riens » qui habitent nos espaces anthropisés. Les déplacements, la collecte, une attention particulière aux matières, aux formes et aux phénomènes naturels nourrissent sa pratique artistique. Ses résidences au centre d’art et du paysage de Vassivière- en-Limousin et au Domaine d’Abbadia, sites naturels protégés, lui ont permis d’expérimenter les liens entre art et environnement. Ses peintures révèlent des formes, un instant, un mouvement. Les matériaux naturels sont signes graphiques, traces d’un phénomène naturel, d’une saison.

La plante est ici objet de pensée, de rêverie et d’inspiration au voyage. Les oeuvres mettent en lumière l’intérêt des hommes pour les plantes, à les admirer et les façonner. Ainsi, cette exposition offre un voyage à travers différentes contrées aux richesses botaniques.

Commissaires d’exposition : Pauline Lisowski et Soriana Stagnitta

 

Exposition Utopia Botanica
5 juillet – 22 septembre 2018
Galerie Laure Roynette, Paris
Plus d’information sur : www.galerie-art-paris-roynette.com

 

Crédit photographique : Émilie BAZUS, Utopia Botanica 7, 2018,  huile sur toile, 35x27cmo




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