25/11/2008 - 22/02/2009

 

du 25 Novembre 2008 au 22 Février 2009
Espace d’art Rurart

Rafaella Spagna & Andrea Caretto – Edmond Couchot & Michel Bret

Du cycle des connaissances au cycle de la vie, l’exposition ‘O’ met en dialogue ‘Les Pissenlits’ d’Edmond Couchot et Michel Bret et la commande de création réalisée pour Rurart par Andrea Caretto et Raffaella Spagna. En réalisant ‘Les Pissenlits’, Edmond Couchot et Michel Bret produisent une des premières oeuvres numériques interactives, qui s’anime par le souffle des spectateurs. Les artistes italiens Raffaella Spagna et Andrea Caretto construisent quant à eux des installations végétales qui interrogent l’exploitation des ressources naturelles et ses enjeux culturels. L’exposition ‘O’ invite le spectateur à appréhender la perception de l’évolution du vivant au regard des transformations du monde contemporain. Si les années 1990 ont vu émerger un nouveau cycle, celui des univers numériques, les années à venir pourraient questionner le monde organique et ses enjeux scientifique, économique, éthique. ‘O’ est le fruit de cette double paternité des sciences et de la nature, où l’approche technique dispute la prédominance à la tentation naturaliste. ‘O’ est à la fois le symbole chimique de l’oxygène, souffle nécessaire à donner vie aux Pissenlits numériques et dont l’homophonie rappelle l’eau indispensable aux installations hydrauliques et végétales de Raffaella Spagna et Andrea Caretto. C’est aussi le signe binaire 0 qui, combiné au 1, a permis la genèse numérique. Cette exposition et celles à venir, proposées par Rurart, sont des invitations à interroger le statut du vivant en ce début de XXIe siècle.

 

par Emilie Trochu pour evene

Ambiance réfrigérante dans l’espace d’art contemporain de Rurart : le froid contracte et les néons aveuglent. Le saisissement convient bien à la découverte de l’installation de Raffaella Spagna et Andrea Caretto, ‘Food Islands’. Leur oeuvre se situe au croisement de l’art, de la science, de la nature, et questionne les rapports entre l’homme et son environnement. Thèmes liés à leur formation de paysagiste et de biologiste. Microcosme suspendu dans les airs, cette oeuvre de commande interroge l’évolution et le recyclage du vivant. Une dizaine d’îlots abritent chacun un organisme vivant, plantes, légumes, bois et radiolari (minéral organique). Les légumes, récupérés dans le commerce, repoussent d’eux-mêmes, différents, mettant à mal l’obsession du calibrage de nos aliments, critère absolu d’un marché qui assimile le tordu au déchet. Pourtant la nature reste inimitable même dans ses imperfections, et le petit monde de ‘Food Islands’, fait de bouts de tuyaux et de boules de Noël, montre son indéfectible survivance, tout autant que l’incapacité de l’homme à l’égaler. La beauté de l’installation réside dans le dérisoire de ce minutieux système de goutte à goutte, qu’un rien suffirait à détruire. En contrepoint de leur travail, Edmond Couchot et Michel Bret, cofondateurs du département Arts et Technologies de l’image à Paris VIII, présentent la neuvième version de leurs ‘Pissenlits’. Autre génération, autre esthétique, autre interprétation, du rapport homme / nature, dans lequel la machine interfère. Neuf pissenlits de synthèse apparaissent à l’écran, sur lesquels le visiteur peut souffler par l’intermédiaire d’un micro. C’est ici le geste humain qui provoque la dissémination des aigrettes à la place du vent. L’esthétique minimaliste de cette oeuvre, dont la première version date de 1986 et qui fait référence en matière d’arts numériques, ouvre un dialogue fluide avec celles, entièrement naturelles, de Spagna et Caretto, dans une bipolarité finalement complémentaire.

 

Espace d’art Rurart
86480 Rouillé
POITOU-CHARENTES




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