13/11/2020 - 16/12/2020

Pour sa deuxième édition, le Parcours d’Art Contemporain se tiendra dans la métropole amiénoise du 13 novembre au 16 décembre 2020 s’articule autour de la double thématique Habiter, Créer, afin d’interroger précisément la relation des habitants, comme celle des artistes, à un environnement quotidien, familier. Les douze artistes sélectionnés, tous résidants dans la région des Hauts-de-France, ont mis la participation au coeur de leurs propositions. Au travers de rencontres et d’ateliers avec les habitants, les oeuvres se sont construites comme des objets partagés, reflétant la diversité des expériences croisées. Les histoires singulières, les matériaux locaux, les sons, les types d’habitation : tout a été matière à créer afin d’interroger ce qu’ « habiter » veut dire.

Terre, terroir, territoire sont des mots désormais omniprésents dans les discours ambiants. Ce vocabulaire témoigne d’un besoin de recentrement sur notre environnement immédiat dans un monde numérisé, à la fois globalisé et très individualiste. La période que nous venons de vivre ne nous a pas laissé d’autres choix que de nous reclure dans nos maisons. Or, si le cadre dans lequel nous vivons peut être un reflet de notre personnalité, il peut également nous transformer en retour.

Quel est l’héritage mémoriel, géographique et poétique de la région ? Comment influence-t-il notre présent sur le plan de l’économie, de l’architecture et de l’écologie ? Au sein des paysages urbains que nous ne voyons plus car nous les connaissons trop bien, les créations nous donnent l’opportunité de sortir de nos sentiers quotidiens ou de nous y retrouver autrement. Des institutions aux centres culturels, habitez le Parcours et parcourez la ville pour aller à la découverte d’un art contemporain accessible et tout proche de vous !

« Art, territoires : créer et habiter »

Pour cette deuxième édition du Parcours Art Contemporain d’Amiens, seront sélectionnées des démarches et propositions traversées des items suivants :

  • Habiter le territoire Poser la question de l’habitat et du territoire, c’est poser la question de la relation de l’homme avec l’espace qu’il occupe et son environnement. Dans un monde en crise et en perpétuelle évolution, comment l’homme habite-t-il le monde et le territoire qu’il fait sien aujourd’hui ? Habiter le territoire représente pour chaque individu un point qui fixe socialement la possibilité d’un chez-soi. Comment l’acte de création lui permet-il de s’approprier l’espace qu’il habite ? Plus généralement, habiter c’est faire avec l’espace, celui du dedans et celui du dehors, c’est aussi être présent au monde et à autrui.
  • L’art en commun Comment l’art interagit avec son environnement (sociétal, urbain et paysager), avec la matière, avec la communauté (performance, processus participatif) ? A quelles conditions l’interaction fait-elle advenir ou stimule-t-elle l’expression ? L’art incite à revisiter l’espace, à réinvestir l’approche, il impulse et appelle découvertes et relectures. Ce concept est développé par l’historienne de l’art Estelle Zhong Mengual, dans l’ouvrage L’Art en commun – Réinventer les formes du collectif en contexte démocratique (Les presses du réel, 2019). Il s’agit de créer dans l’espace social, sur une longue durée et de façon collective. L’oeuvre n’est pas le fruit du travail de l’artiste seul, mais celui d’une collaboration en présence entre artiste et volontaires. Ce dispositif artistique bouleverse notre conception de l’art et nos catégories esthétiques. Mais il revêt aussi une dimension politique, en s’emparant des questions de participation et de communauté qui comptent parmi les enjeux les plus cruciaux des tentatives actuelles de vivification de la démocratie, comme de la reconfiguration de nos manières de vivre.

Parmis les artistes présentés, vous retrouverez notamment Daniela Lorini, artiste et architecte bolivienne, spécialisée dans le domaine de l’environnement. A cette occasion, elle nous propose de « Regarder non plus avec les yeux mais avec les oreilles »  avec son oeuvre le « Chant des vers ». Cette oeuvre fait le choix d’une observation bioacoustique et éco-acoustique des sols, afin d’examiner l’impact des différentes perturbations anthropiques, résultantes de l’intervention humaine : intrants chimiques, déchets industriels, métaux lourds, nuisances sonores, etc., sur la biodiversité de la région des Hauts-de-France.

« Dans cette installation mêlant sculpture, technologie et son, j’ai cherché à raviver l’émerveillement pour des phénomènes cachés dans les sols et qui sont pourtant constitutifs de notre environnement. Par un dialogue art et science, j’ai également voulu explorer la vie qui réside dans la terre et sous nos pieds pour donner à voir et à entendre les émissions sonores des organismes vivants, révélateurs quasi-invisibles de la pollution des écosystèmes urbains dans lesquels nous évoluons. Que trouverait-on si on explorait le sol sous nos pieds ? Y trouverait-on un dernier espace libre de perturbations sonores anthropiques ? Y entendrait-on le chant d’un ver de terre, dernière oeuvre remarquable d’une planète en danger ? »

Vous retrouverez également Marion Richomme, diplômée de l‘Ecole supérieure des Beaux-Arts de Nantes, elle axe sa recherche artistique sur les codes du minéral, du végétal et du monde animal. Elle essaie de comprendre comment la nature crée et ordonne des motifs, comment apparaissent et évoluent les formes de générations spontanées ou maîtrisées. Par le biais de son travail artistique, elle imagine des évolutions divergentes, propose des alternatives aux éléments issus du vivant, afin de traiter des problématiques de notre monde contemporain (désastres environnementaux notamment). Aujourd’hui, l’artiste ouvre son travail à la question du paysage, de l’architecture et du vivant, au travers d’installations à l’échelle monumentale. Originaire du sud, elle a installé son atelier en milieu rural dans l’Oise, terre de céramistes. Les oeuvres qu’elle présente peuvent s’apparenter à un mythe fondateur. Soulevant la question de la ruine en même temps que celle de la genèse, ses installations monumentales interrogent la suprématie de l’homme sur la nature. L’oeuvre Le colosse d’argile a été créée avec les élèves du Collège Rosa Parks dans le cadre d’un workshop.

« Le discours de l’échafaud est une pièce qui propose le dialogue entre deux fondamentaux artistiques classiques : nature et culture. Sans dissocier ou opposer l’un au profit de l’autre, l’oeuvre se constitue avec l’un et l’autre. Du tronc de l’arbre à la colonne de pierre, le passage est ténu. Ces colonnes, fascinantes et inquiétantes, soulèvent des questionnements actuels comme les peurs d’un avenir apocalyptique, la désillusion du progrès ou encore la suprématie de l’homme sur la nature… Semblables à de grandes stalagmites ou à des monts hydrothermaux, elles laisseraient également apparaître des formes symboliques de l’antiquité comme des volutes, des feuilles d’acanthe, des cannelures… Ce projet céramique est un récit qui pourrait s’apparenter à un mythe fondateur. Soulevant la question de la ruine en même temps que celle de la genèse, ce projet interroge la condamnation potentielle de la société humaine, soumise à présent à l’impératif consumériste. »

Cet évènement s’inscrit avec conviction dans une approche renouvelée de la diffusion de l’art contemporain : cette exposition collective et multi-sites apporte en effet une attention toute particulière aux interactions qui se développent entre les pratiques contemporaines, les environnements humains, culturels, urbains et paysagers. Il s’agit de proposer au public un parcours dynamique, en résonance avec le monde d’aujourd’hui, où chacun est à la fois spectateur et acteur.

Pour plus d’informations, rendez-vous ICI 



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