08/07/2012 - 02/09/2012

« Le vrai problème c’est que nous avons trop bien appris à séparer. Il vaut mieux apprendre à relier. Relier, c’est-à-dire pas seulement établir bout à bout une connexion, mais établir une connexion qui se fasse en boucle. » Edgar Morin

La surprise et l’invention permanente sont les attributs de l’aventure collective d’un tel programme. L’art contemporain s’installe chaque été dans la vallée du Lot entre Cajarc et Saint-Cirq-Lapopie. Le Parcours invite les artistes à présenter leurs oeuvres dans les sites naturels et les villages de la vallée. Il relie ainsi les Maisons Daura, laboratoire de création, au centre d’art contemporain, lieu d’expérimentation artistique. Cette promenade associe la découverte des paysages, des sites patrimoniaux et de la création contemporaine.
Cette année, les artistes sont arrivés en ordre dispersés : les résidents du printemps — Renaud Bézy, Suzanne Husky, Frédérique Loutz et Ernesto Castillo, Philippe Poupet, Alexandra Sà — dûment choisis dès l’automne pour des projets qui se structurent avec leur présence aux Maisons Daura dès le mois d’avril; puis, un duo d’artistes Guillaume Robert et Julien Clauss, associé du fait d’une proposition qui « sonne » dans la vallée du Lot; et enfin, l’arrivée tardive, dans le cadre d’un échange avec la Colombie, d’Arley Vega, jeune artiste de Medellìn.

La Maison des arts confie aux artistes la possibilité de développer leurs pièces et assume avec eux le risque et le plaisir d’articuler une pensée qui tient à la géographie du lieu, à son esprit entier, entre eaux impétueuses et falaises abruptes, entre verticalités et sinuosités. Il n’y a pas de détours mais la rivière et ses contours pour chemins d’exploration, le passé et le présent pour s’inventer un futur, comme pour lever une carte.
Renaud Bézy bouscule ses propres sources d’inspiration (la demeure du peintre Daura avec ses meubles, ses peintures, ses armes…) pour renouer avec une peinture figurative qui va à l’encontre du goût dominant et fait poindre bien des questions sur la représentation et l’auto-représentation, la notion du beau et de l’égo, du savoir et du non savoir dans l’art d’aujourd’hui.

Suzanne Husky se saisit d’histoires de vie qu’elle aime filmer. Elle sillonne le territoire du Nord au Sud à la recherche de personnes qui ont fait le choix d’un mode de vie alternatif et acceptent d’être filmés dans le rituel de leur toilette. Elle engage la construction d’un poulailler avec les résidents d’un centre d’insertion, répondant en cela au désir de relier des individus, souvent coupés de leurs liens à la terre, par la mise en œuvre de choses simples qui puissent se développer et perdurer au-delà de son séjour. Suzanne Husky a cette capacité à rassembler des énergies différentes pour que vivent des expériences singulières de rencontres et d’échanges.

Frédérique Loutz & Ernesto Castillo, peintre et poète, développent depuis plusieurs années une recherche autour des mythes, des contes et des croyances. Ils s’attachent ici à la figure biblique de Loth et à ses filles, qu’ils mixent avec la trame du Petit Chaperon rouge. Cela concoure à un récit à la fois baroque et surréaliste où la poésie et le son poussent les images dans une folle ivresse.
Philippe Poupet a constitué un ensemble de sculptures dans la lignée d’André Breton qui fit dresser, en 1950, aux abords de Saint-Cirq-Lapopie une borne et une pancarte indiquant «Ici commence le territoire mondial du Lot»… Les œuvres en béton de différentes teintes, constitueront une nouvelle flore endémique qui balisera des points névralgiques du parcours estival.

Avec Arley Vega, ils réactivent le dispositif d’un grand dessin mural en copyleft. Chacun d’eux, mais aussi les autres artistes peuvent y participer. Il s’agit de couvrir une des salles du centre d’art d’un réseau de lignes qui déforme l’espace, le déstabilise. Ce lieu reconfiguré trouble la perception du visiteur qui se trouve alors comme au cœur d’une immense carte. Alex Vega développe par ailleurs une recherche dans le champ de l’art minimal qu’il confrontera à sa première rencontre avec le monde occidental.

Alexandra Sà produit des installations qui mêlent différents médiums questionnant les frontières, les intervalles et les failles perçues dans le paysage. Elle crée des images et des formes qui rendent compte de sa pratique de l’espace : banc public dont les lattes tentent une échappée, dessins percés de découpes, maquettes, collages, objets qui superposent les motifs et articulent plusieurs points de vues.
Guillaume Robert & Julien Clauss installent DRINA dans une boucle du Lot, un dispositif composé d’une sculpture et d’un environnement sonore. La sculpture, une mini- centrale électrique, a été conçue en Bosnie sur le modèle de celles qui, bricolées avec du matériel de récupération, ont permis à l’enclave bosniaque de survivre pendant le siège de la ville entre 1992 et 1995. Condensé d’histoire, d’urgence et de nécessité, la sculpture gagne dans ce nouvel environnement une dimension d’objet utopiste et néo-futuriste. Un film accompagne la pièce et évoque le temps de sa construction de manière sensuelle plus que technique ou documentaire.

Articuler ces différents propos, superposer les strates historiques, géographiques, mythiques, jouer des transversalités pour lever une carte. Celle-ci devient le lieu privilégié de l’inscription utopique : celle du sens et du sensible ; celle de la critique qui distord délibérément les échelles ; celle du conteur qui invite à une nouvelle cosmogonie et donne aux visiteurs matière à nourrir les fantasmes, à passer les frontières pour regarder au-delà du monde.

Martine Michard
Commissaire des expositions …………………………………………………………………………………………………………………………..
— Parcours d’art contemporain en vallée du Lot
Le Parcours d’art contemporain en vallée du Lot se tiendra du 8 juillet au 2 septembre 2012 — Inauguration
Samedi 7 juillet 2012 à 15h, au Centre d’art contemporain, 134 avenue Germain Canet, Cajarc, en présence des artistes, suivie de la visite des expositions dans les villages, navette gratuite au départ de Cajarc à 16h, retour vers 21h, entrée libre, réservation conseillée.

— Visites Commentées
Tous les mercredi et vendredi du Parcours, à 15h
Un médiateur vous accompagne sur chaque site du parcours pour vous donner des clés de compréhension et répondre à toutes vos questions.
entrée 2 euros par personne, réservation conseillée
Départ du centre d’art contemporain, voiture indispensable. Pensez au co-voiturage !

— Jeux de piste POM*POMpidou !
Tous les jeudi du Parcours, de 15h à 17h
Dans un contexte patrimonial et naturel remarquable, suivez les indices du jeu de piste POM*POMpidou pour résoudre l’énigme du Parcours d’art contemporain en vallée du Lot. Une idée de sortie ludique à faire en famille pour allier découverte de l’art contemporain et visite de la vallée du Lot.
entrée 5 euros par famille, goûter offert à l’arrivée, réservation conseillée
Départ du centre d’art contemporain, voiture indispensable. Pensez au co-voiturage !

— Programmation associée
En cours de programmation. Tous les rendez-vous sur notre site www.magp.fr — Horaires d’ouverture
Tous les jours, sauf le lundi, sur tous les sites de 15h à 19h, et aussi de 10h à 13h à Cajarc et à Saint-Cirq-Lapopie.

— Gratuité
L’exposition est libre d’accès.

— POM*POMpidou !
POM*POMpidou!
Le journal des enfants, propose un regard ludique sur l’exposition. Gratuit à l’accueil.

— Livret d’exposition
Pour accompagner votre déambulation dans l’exposition et en garder une trace, le livret d’exposition est disponible gratuitement à l’accueil.

— Accès
Centre d’art contemporain
Route de Gréalou
46160 Cajarc

Maisons Daura,
résidences internationales d’artistes
Le Bourg
46300 Saint-Cirq-Lapopie

Image : Capture du film « Wash » de Suzanne Husky
Source : www.magp.fr




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