La Société Française d’Ecologie (SFE) vous propose le regard de Guillaume Lemoine, ingénieur écologue, sur l’écologie et la biodiversité des terrils miniers du Nord de la France.

Ce « regard » est une version légèrement modifiée et adaptée pour cette plateforme de l’article du même auteur paru dans le n°8 d’ESpèces, revue partenaire de la SFE pour ce projet.

 

 

Extrait 

Deux siècles et demi d’exploitation du charbon dans le Nord – Pas de Calais ont profondément modifié les paysages. Cette exploitation, qui commença en 1720 à Fresnes-sur-Escaut, s’organisa autour de 600 puits et permit, grâce 100 000 km de galeries, l’extraction progressive de 2 milliards de tonnes de charbon jusqu’à la remontée de la dernière gaillette à Oignies (62) le 21 décembre 1990, ce qui généra un vide de 2 km3 (Meilliez, 2008). L’homme, pour avoir accès au précieux charbon caché dans le sous-sol (majoritairement entre 400 et 700 m de profondeur), a ainsi déplacé et évacué des tonnes de matériaux inertes et stériles. Une partie de ces matériaux fut remontée à la surface pour former des collines artificielles dont certaines sont encore visibles dans les vallées de la Scarpe et de l’Escaut, dans les plaines de la Gohelle et de l’Ostrevent (cf. figs 1a et 1b).

Plusieurs centaines d’entre elles s’élevaient jusque dans les années 1950, témoignant de l’histoire industrielle régionale et formant une succession de 330 terrils qui s’étalaient sur plus de cent vingt kilomètres (O’Miel, 2008; Robaszynski & Guyétant, 2009). La “chaîne des terrils” occupait alors une surface de 3 500 ha, pour un poids total de 700 millions de tonnes de matériaux entreposés (Conservatoire des Sites Naturels du Nord et du Pas-de-Calais, 2005; O’Miel, 2008). Les volumes et le nombre de terrils diminuèrent ensuite progressivement avec la fin progressive de l’exploitation du sous-sol par les Charbonnages (années 1970-1980) et leur exploitation comme mines et carrières à ciel ouvert.

 

Lire le Regard N°49

Article édité par Anne Teyssèdre.

 




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