Auteurs : Aliocha Imhoff, Kantuta Quiros et Camille de Toledo

Manuella Editions

Nombre de pages : 296 p.

 

 

Les régimes existants de savoir et de pouvoir au nom desquels nous sommes gouvernés sont, essentiellement, des régimes de contraintes, de dettes, de finitudes ; des régimes où prospèrent l’obsession apocalyptique, la disqualification systématique de ce qui pourrait être, de ce qui devrait être, de ce qui serait… Il manque à ce monde, un principe d’expansion. C’est ce « principe d’expansion » que les auteurs cherchent à établir à toutes les échelles des existences, individuelles comme collectives. En ce sens, la « pensée potentielle » répond aux temps obscurs, à ce long hiver des premières années du vingt-et-unième siècle.

La « proposition potentielle » peut se comprendre comme un effort pour structurer l’espoir, lui donner des raisons, des formes, des forces. Quels temps, quelles relations aux mondes, aux devenirs, une « pensée potentielle » permet-elle d’établir ?

Quelles éthiques, quelles lois, quels modes d’existence, sont déjà à l’œuvre, potentiellement, dans notre présent ? Transformer notre rapport à ce qui nous est présenté comme réel, transformer notre rapport au temps, redéfinir la transmission, autant de pistes évoquées et développées ici et enrichies d’un index des mots et des notions qui structurent cette pensée potentielle.

En travaillant à définir cette proposition, en en rendant compte par des voix à la fois artistiques, théoriques, poétiques, ce livre contribue à l’effort commun pour affirmer des possibles, des avenirs possibles, pour transformer nos modes d’existence, d’habitation, de gouvernement.

Ce livre s’inscrit dans un mouvement de reconstruction des avenirs, dont différentes pratiques au cœur des mondes de l’art autant que de la pensée contemporaine témoignent, pour reprendre en main la politique et reprendre possession de la vie et de l’avenir. Ce sont ces répertoires multiples de l’art et de la théorie que le potentiel chercher à mettre en mouvement.

 

Quelques mots sur les auteurs : 

Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós sont théoriciens de l’art et commissaires d’exposition. Basés à Paris, ils ont fondé la plate-forme curatoriale le peuple qui manque. Parmi les derniers projets curatoriaux et expositions dont ils ont été les commissaires, « A Government of Times » (Rebuild Foundation, Chicago / Halle 14, Leipzig, 2016), « La frontera nos cruzo » (Museo de la Inmigracion, Buenos Aires, 2015), « Post-exotisme » (New Haven Fort, UK, 2015), « Cinéma Permanent » in « Leiris & Co » (Centre Pompidou Metz, 2015) et « Au-delà de l’effet-Magiciens » (Fondation Gulbenkian, Laboratoires d’Aubervilliers, 2015).

Membres du comité de rédaction de la revue Multitudes, ils publient régulièrement dans des revues d’art, de philosophie et d’esthétique ainsi que des ouvrages collectifs. Ils ont récemment dirigé Géoesthétique, un ouvrage collectif dédié au tournant spatial dans l’art (Éditions B42, 2014) et Histoires afropolitaines de l’art, numéro double 53-54 de la revue Multitudes (2014). Ils étaient en 2015-2016 résidents du programme de résidence international de la Methode Room à Chicago, dirigée par Guillaume Désanges, à la Rebuild Foundation. Ils développent en ce moment un film chronopolitique, Les Impatients, produit par Olivier Marbœuf (Spectre/Phantom production).

Kantuta Quirós est maître auxiliaire associée SHS à l’École nationale supérieure d’Architecture de Nantes. Aliocha Imhoff enseigne à l’université Paris 1.

Camille de Toledo (CHTO) est écrivain, artiste, poète. En 2004, il obtient la bourse de la Villa Médicis. En 2005, il entreprend l’écriture de « Strates », une archéologie fictionnelle où l’on voit apparaître pour la première fois le thème du « vertige ». Toledo travaille à une forme d’écriture totale, inséparable d’une recherche théorique et intégrant, selon les destinations, les espaces et les lieux d’inscription, de multiples médiums : la vidéo et la musique dans l’opéra La Chute de Fukuyama qu’il signe en 2013 avec le compositeur Grégoire Hetzel ; l’installation, la vidéo, la photographie dans le « cycle de Leipzig » qu’il présente au centre d’art de la Halle 14-Spinnerei, cycle au cours duquel il présente trois expositions – L’Exposition potentielle, History Reloaded et Europa/Eutopia – qui cherchent toutes par des agencements de langages et de signes à produire des « environnements écrits ». Toledo (CHTO) est l’auteur d’essais esthétiques et politiques mêlant les écritures et les genres : récit, théorie, microfictions. Au printemps 2008, il fonde la Société européenne des auteurs (www.seua.org), une institution potentielle proposant d’adopter « la traduction comme langue ». En 2012, il lance mittel-europa (www.mitteleuropa.me), une plateforme de production pour ses « narrations matérielles ». Ces entités collectives prolongent son travail d’écriture et portent, entre autres, les projets Liste Finnegan et Secession pour concevoir une « Europe benjaminienne ». Toledo a œuvré à plusieurs projets et propositions à la frontière de la littérature, des arts plastiques, de la recherche, avec des institutions telles que le centre Marc Bloch de Berlin – « Sécession » – l’Institut français – « le projet Ifverso », le centre d’art Halle 14 à Leipzig, l’Astrup Fearnley Museet à Oslo, le New Museum à New York – « Temporary center of translation ». En 2016, pour Capitalist Melancholia, l’exposition qu’il conçoit avec F. Cusset et M. Arzt au centre d’art de la Halle 14, il propose trois nouveaux « environnements écrits » : « Le Cimetière du futur », « La Bataille du présent et du passé » et « Capitalist Melancholia ».




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