D’ après M. Martins, de Montpellier, qui a élevé des vers à soie en plein air sur le mûrier, les mâles auraient retrouvé, à partir de la troisième génération, la faculté de voler. Mais le fait reste des plus douteux. » Jean Rostand, in La Vie des vers à soie, 1943.

L’Observatoire de Monsieur Martins s’inscrit dans le cadre du projet Rééducation, expérience artistique initiée en 2009 par l’artiste. Cette entreprise de longue haleine tente, de façon utopique et paradoxale, de « dédomestiquer» progressivement le Bombyx mori, le ver à soie. Les bases de ce projet se situent dans l’histoire complexe de cet insecte « fabriqué » par l’homme pendant plus de cinq mille ans de domestication, aujourd’hui incapable de voler une fois devenu papillon ni de subvenir à ses besoins vitaux sans l’intervention de l’homme. Ivana Adaime Makac utilise volontairement une approche dénuée de technologie dans cette entreprise, qui frôle la science-fiction. Par un processus inversé de sélection du ver à soie, elle tente de redonner à l’espèce la capacité de se nourrir et de vivre en toute autonomie.

Reprenant l’expérience réalisée par M. Martins, l’artiste concevra un observatoire en plein air, situé dans un contexte rural, à proximité de Montpellier, région historiquement associée à l’élevage du ver à soie. Le dispositif, à la croisée de la cabane d’observation et du vivarium, sera dressé autour d’un mûrier blanc et permettra au public de suivre l’expérience durant trois ans.

 

Ivana Adaime Makac  est née en 1978 à Las Flores, Argentine. L’artiste vit et travaille actuellemet à Paris.

Originaire de Patagonie, Ivana Adaime Makac incorpore à ses oeuvres de nombreux spécimens vivants tels des criquets migrateurs, des souris, des fleurs ou des vers à soie. Ses installations, observatoires miniatures et minutieux des étapes de vie de ces êtres fragiles, lui permettent d’étudier les fonctionnements d’un microcosme et de réfléchir aux implications de la vie en commun. Son travail a notamment été présenté au Domaine départemental de Chamarande, au Centre d’art contemporain du Luxembourg belge, au Centre d’art contemporain de Pontmain et au 55e Salon de Montrouge. Elle a été accueillie en résidence à La chambre blanche (Québec), aux Maisons Daura (Saint-Cirq-Lapopie) ainsi qu’auDomaine de la Garenne Lemot (Gétigné-Clisson). Son oeuvre a également fait l’objet de textes critiques par Eva Prouteau, Evelyne Toussaint, Anne-Lou Vicente, Denis Lessard et Patrice Joly.

 




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