La Société Française d’Ecologie (SFE) vous propose cette semaine le « regard » de Loic Fel et Joanne Clavel, respectivement philosophe et chercheuse en écologie, sur les éco-artistes.

Ce “regard sur la biodiversité” n°53 sera également publié par la revue Plastik, partenaire thématique de la SFE pour ce projet, dans son prochain numéro spécial « Art et Biodiversité » à paraître en mars 2014.

 

Introduction :

Face à la crise écologique sans précédent que nous traversons, incitant des scientifiques à donner à cette courte époque une portée géologique avec la notion d’Anthropocène(1), les artistes ne peuvent rester indifférents. Loin des galeries et du marché de l’art pour l’art, loin de l’artiste-auteur, figure de génie qui prévaut depuis des décennies, confinant l’art à un milieu socialement déterminé et se distinguant de la culture populaire, certains redeviennent partie prenante de la société, remettant la pratique de l’art au centre des préoccupations quotidiennes.

Ces artistes ne sont pas seulement des producteurs de représentations. Ils imaginent plutôt des dispositifs de médiation qui interviennent activement dans l’espace public parfois au-delà du champ de l’art, que ce soit en mobilisant des citoyens autour d’un programme agricole urbain partagé, comme l’a fait Thierry Boutonnier à Lyon pour la réhabilitation du quartier du Grand Mermoz; ou encore une économie solidaire locale avec un système de troc de déchets (recyclage) contre nourriture (potager), tel le projet Pedogenesis proposé par Andrea Caretto et Raffaella Spagna à Turin en Italie (cf. photo ci-dessous); que ce soit en imaginant des dispositifs publics de collecte des eaux de pluie, comme Topique Eau d’Isabelle Daëron (cf. fig.2); ou qu’il s’agisse de construire un village au confort moderne en utilisant seulement des matériaux trouvés sur place, comme le proposent les architectures transitoires de Laurent Tixador …

Il nous apparaît nécessaire de s’interroger sur l’ensemble du dispositif de médiation (technique, social, politique, artistique) par lequel ces projets prennent sens, et dans ce texte nous partons de leurs créateurs : les éco-artistes.

 

(1) L’action de l’espèce humaine sur son environnement est devenue la pression dominante de la planète et son impact engendre de telles modifications qu’elles menacent les grands équilibres de la planète. D’où la proposition par certains scientifiques de définir une nouvelle aire géologique, l’Anthropocène (cf. les regards n°1030 et 40).

 

Lire le Regard N°53

Article édité par Anne Teyssèdre.

 




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