Au 19ème siècle, le réseau de collecte des eaux se met en place à Paris, un réseau unitaire est adopté. Ce système réunit dans un même tuyau les eaux pluviales et les eaux usées, permettant de réduire les coûts relatifs à la conduction des flux. Mais le volume d’eau à traiter augmentant, il paraît aujourd’hui inapproprié. Les eaux de pluie se mélangent aux eaux usées, l’ensemble est traité dans les stations d’épuration alors que les eaux pluviales requièrent une filtration bien moins importante. Les réseaux impliquent une dépendance à un système technique, ils déconnectent le citadin de leur milieu de vie. Penser l’organisation des flux en rapport avec la mobilité des usagers de demain signifie proposer des objets autonomes, transportables qui permettent une utilisation des ressources sur le lieu lui-même.
Topique-eau est une fontaine déconnectée du réseau hydraulique et connectée au milieu qui prend appui sur les qualités du lieu (pluviométrie, éléments physiques existants comme par exemple des arbres ou des poteaux, etc) pour proposer une eau potable. Cette fontaine constitue un signe s’adressant aux citadins : elle raconte le processus de transformation d’une ressource – l’eau de pluie –, de sa captation à son stockage et sa filtration jusqu’à son utilisation par les usagers du lieu.

 

Isabelle Daëron
Née en 1983. Vit et travaille à Paris, France.

Diplômée de l’Ensci-les Ateliers et de l’Esad de Reims, Isabelle Daëron développe un travail autour de la définition de l’habitable.
En 2009, son mémoire de fin d’études sur l’habitabilité l’a conduite à imaginer une série d’objets urbains intitulée Topiques. un topique est une typologie d’objets autonomes, déconnectés du réseau et connecté au milieu. Premier objet de la série, Topique-eau a reçu en 2010 une Étoile de l’Observeur du Design et le Prix de la Ville de Paris.
www.isabelledaeron.com



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