04/10/2016 - 18/10/2016

 

Note d’intention :

« Paroles de Potagers parle de ces hommes et de ces femmes d’origines diverses et variées qui, aujourd’hui, travaillent la terre de ces jardins. Ils nous révèlent une part de leur histoire. On s’interroge alors sur leurs parcours migratoires, leurs langues, leurs origines, leurs racines.

Paroles de Potagers parle de la diversité des pratiques dans les jardins potagers où plantes, légumes et fruits sont choisis en fonction des habitudes culinaires et culturelles des jardiniers. Quelles plantes, quels fruits, quels légumes trouvons-nous dans les potagers ? Comment sont-ils cultivés, cuisinés ? D’où proviennent les graines ? Comment sont-ils venus jusqu’à nous ?

Paroles de Potagers décrit le rapport universel que nous, êtres humains, partageons tous autour du travail de la terre et de la nourriture, mais également des sentiments et émotions qui nous traversent.

Une exposition associant photographies, témoignages sonores, tableaux linguistiques et ethnobotaniques.

L’exposition retransmet, à l’aide de lecteurs MP3 et de casques, les paroles des jardiniers et les données linguistiques récoltées (lexique de plantes, proverbes, recettes de cuisine) dans les diverses langues parlées par les jardiniers.

Ces témoignages sont accompagnés d’une série de photographies, sous forme de portraits des jardins et de de leurs jardiniers. Egalement, des tableaux décrivent d’une part les langues et familles de langues identifiées, et d’autre part l’histoire et l’origine étymologique de fruits et de légumes.

L’ensemble des témoignages et des photographies a été récolté dans les jardins de l’Espéranto à Vénissieux dans le Rhône, les jardins des Balmes et les jardins de la Monnaie à Romans-sur-Isère et à la ferme de Cocagne à Peyrins dans la Drôme.

Diversité des langues, des graines et des hommes.

La biodiversité désigne toutes les formes de la vie sur Terre. L’être humain fait partie intégrante de cette biodiversité, il en est totalement dépendant, puisque toutes les espèces interagissent les unes avec les autres. Aujourd’hui, l’équilibre global de la planète est en péril : la biodiversité s’appauvrit à une vitesse sans précédent et de nombreuses espèces sont menacées d’extinction. La biodiversité alimentaire n’est pas épargnée : la FAO estime que les 3/4 de la diversité génétique des ressources agricoles ont été perdus en un siècle.

Ce phénomène global est concomitant avec la disparition des langues. Les scientifiques estiment que sur les 6000 langues sur terre, plus de la moitié d’entre elles au moins sont menacées de disparition au cours de ce siècle. Avec elles vont disparaître des cultures, des histoires, des mythes, des légendes… Les langues autochtones d’une région donnée, sont également porteuses des savoirs liés à la faune et à la flore.

Relation entre diversité linguistique et diversité botanique.

Nicolaï Vavilov, botaniste russe du début du siècle dernier, a parcouru des régions particulièrement reculées du monde pour récolter des milliers de semences et les mettre à l’abri, dans un souci de préservation de la biodiversité et de la sécurité alimentaire. Nicolaï Vavilov s’est fortement intéressé à la relation que pouvait entretenir la diversité botanique et la diversité linguistique. Gary Paul Nabhan (2009) relate ses récits lorsque celui-ci se trouve au Pamir, région dotée d’une diversité agricole incroyable, mais également linguistique :

« Chacun de ces dialectes – le rushani, le shugni, l’ishkashemi et le wakhi – s’étaient enrichis de termes employés par les agriculteurs locaux pour désigner des variétés de culture provenant de leur champ. Le simple fait de nommer une variété d’oignon ou de pomme contribuait à son isolation et sa sélection subséquente par d’autres cultivateurs. […] Vavilov émit l’hypothèse que la diversité linguistique pouvait être un facteur de diversité agricole. » »

Une coproduction des associations Exo-K et La traversée des langues sur l’initiative de Xavier Pagès (photographe et scénographe), Fleur Rodde (linguiste), Philippe Barbier (créateur sonore) et Kamel Elias (botaniste) en partenariat avec Le laboratoire d’excellence ASLAN, le fonds De Natura, la ville de Vénissieux, le département de la Drôme et les éditions Terre Vivante.

 

Informations pratiques :

Exposition du 4 au 18 octobre 2016

Inauguration le jeudi 6 octobre à 18h30 suivi d’une conférence de Catherine Garnier

MJC Centre André Malraux – 10 av de la Moutte – 34170 Castelnau-le-Lez

Plus d’informations sur le site de la MJC de Castelnau-le-Lez : www.mjc-castelnau.fr

Contact de l’association Exo-K : exo-k@no-log.org




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