Helen Mayer Harrison et Newton Harrison sont parmis les pionniers du mouvement éco-art. Entouré d’une équipe de collaborateurs regroupé dans le Harrison Studio, ils sont, depuis près de quarante ans engagés dans un dialogue et une collaboration constante avec des biologistes, des écologues, des architectes, des urbanistes et des artistes, afin de concevoir des idées et des solutions pour soutenir le développement de la biodiversité et de la communauté. Les Harrisons englobent une gamme de disciplines à couper le souffle : ils sont historiens, diplomates, écologistes, chercheurs, émissaires et militants. Leur travail consiste à proposer des solutions et implique non seulement le débat public, mais aussi la cartographie et la présentation des propositions dans des contextes artistiques. Ils ont notamment mené des projets sur la restauration des bassins versants, la rénovation urbaine, l’agriculture et les questions forestières. Les projets visionnaires des Harrisons ont souvent conduit à des changements dans la politique gouvernementale et créé un dialogue autour de questions jusque-là inexplorés conduisant à des réalisations concrètes aux États-Unis et en Europe.

Tous les travaux des harrisons nécessite la création et l’animation d’un groupe de collaboration. En conséquence, ils ont formé dans les années 90, le Studio Harrison and Associates. Leur processus de travail est singulier. Il commence par la question, «Quel est la dimension de leur terrain d’action?» Cela peut-être un coin de rue, comme pour California Wash ou un sous-continent, comme la péninsule européenne. Chacune de leurs oeuvres est générée par un lieu ou une situation particulière dans laquelle ils ont été invités. Ils se rendent sur place et engage un travail de réflexion et de collaboration dans et pour le milieu environnemantal en question. Impliqués dans la communauté, ils se considère à la fois comme invités et collègues et restent aussi longtemps que leur apport est jugé nécessaire.

Exemples d’oeuvres 

Peut-être leur oeuvre la plus connue, The Lagoon Cycle est une installation photographiques relatant l’histoire d’un lagon. Cette histoire est mise en scène au moyen d’un dialogue semi-autobiographique entre un «Lagoon Maker» et un «témoin» et sert à établir le fondement philosophique de l’argument écologique. En effet, on fait face à l’ensemble des éléments qui caractérisent et construisent un lagon d’eau. L’oeuvre se place dans une optique de présentation de la biodiversité et rappelle l’importance de l’environnement dans la préservation de la couche d’ozone. Cette oeuvre a été en partie commandé par John Kluge et fait partie de sa collection privée. Elle a été exposée au Musée Johnson de l’université Cornell, au County Museum of Art de Los Angeles et à La Villette à Paris. Aujourd’hui, elle appartient au Centre Pompidou. Elle a également été édité sous forme de livre.

En 2001, le couple Harrison a créé l’oeuvre Peninsula Europe: the High Ground: Bringing Forth A New State of Mind. en collaboration avec l’Union Européenne et le gouvernement allemand. Elle a été déclinée en quatre langues. Cette oeuvre, en présentant l’Europe comme un seul territoire, a pour but de mettre en avant les ressources dont disposent les Etats et les besoins de ces derniers. Elle entre dans le cadre d’une recherche sur le développement durable et porte une réflexion sur les actions à mener. Elle peut être considérée comme un travail préalable à la mise en place de solutions.

 

Photo credit : Ashley P. Taylor.

Newton & Helen Mayer Harrison
http://theharrisonstudio.net/





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