L’œuvre de Tomás Saraceno (née en 1973, en Argentine) pourrait être considérée comme une recherche en cours, traversant les mondes de l’art, de l’architecture, des sciences naturelles, de l’astrophysique et de l’ingénierie. Ses sculptures flottantes, ses projets communautaires et ses installations interactives proposent et explorent de nouvelles façons durables d’habiter et de sentir l’environnement. Au cours de la dernière décennie, il a initié des collaborations avec des institutions scientifiques renommées, notamment le Massachusetts Institute of Technology, l’Institut Max Planck, l’Université technologique de Nanyang à Singapour et le Natural History Museum de Londres.

Artiste et architecte, adepte d’une utopie réalisable, Tomas Saraceno conçoit des projets d’oeuvres/architectures gonflables, modulables, mobiles, dans lesquels – où avec lesquels – l’homme peut expérimenter des sensations peu communes. Ses concepts sont avant tout expérimentaux. Ils déclenchent, dans l’imaginaire de chacun, des visions utopiques de structures de transport, d’habitation ou d’autres activités. Les objets qu’il propose sont le premier degré de réalisation de ces visions, mais ils devraient être développés au sein de structures autrement plus nanties que ne le sont les institutions artistiques. Ce qui pourrait peut-être arriver un jour, puisqu’il vient d’être invité à l’Agence spatiale européenne pour discuter de possibilités d’interaction entre des artistes et la Station spatiale internationale.

Exemples d’oeuvres
Flying Garden. 32 SW, Flying Garden, Air-Port-City (2007) est un jardin suspendu où croissent des plantes hors sol. Alimenté en lumière, eau et air grâce à des câbles reliés à des panneaux solaires, Flying Garden est autosuffisant et permet la survie des plantes subtropicales qu’il accueille. Le système mis en place constitue un étrange laboratoire où la beauté de l’idée de départ – des plantes vivent quasiment de l’air du temps – fait place à la technique qui recrée savamment ce que la nature réalise automatiquement. Habité par une conception hollistique du monde Saraceno développe les multiples possibilités permises par ses constructions et expose les Flying Garden en extérieur, dans des parcs ou en ville, colonisant tout espace disponible.

Les Flying Garden[s] s’inscrivent dans le vaste élan expansionniste du projet global Air-Port-City, initié en 2001. Convaincu que « l’invasion de l’air [doit] nécessairement inclure des hommes, des plantes et des animaux. » et ayant réalisé en 2004 un ballon lui permettant de s’envoler grâce à l’énergie solaire, Saraceno estime que les volumes des Flying Garden contiennent suffisamment d’air pour se déplacer et « se rejoindre d’une ville à l’autre pour composer une grande forme sphérique » (sic). Visibles lors de l’exposition Psycho Building ou actuellement au Mudam les expérimentations d’Air-Port-City entendent « défier les actuelles restrictions politiques, sociales, culturelles et militaires afin de rétablir un nouveau concept de synergie. » Connectables à l’infini, elles pourraient – en principe – se superposer à des bâtiments préexistants ou s’installer dans la nature pour composer une ville mobile, transfrontalière.

Pour la Biennale de Lyon il créé le Museo Aerosolar, une gigantesque structure gonflable et volante réalisé à partir des sacs plastiques récupérés auprès des habitants.

Tomás Saraceno
info@t-saraceno.org
http://tomassaraceno.com/


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